Lettre a une amie retrouvée

Hello Pascale!

 

Bien contente de lire ces quelques lignes.

Ma vie en ce moment n'a rien de bien gai.

J'ai quitté Vannes à 16 ans. J'entrais en classe de 1ère à Notre Dame de Sion, comme pensionnaire, à Paris. Le WE, je vivais avec ma grande soeur.

J'ai passé mon BAC, et j'ai commencé des études de droit et des études d'histoire de l'art à la fac.

A 19 ans, j'ai rencontré le papa de mes enfants, Eric. Très vite, il s'est installé dans mon studio. Nous avons vécu heureux de nombreuses années et j'ai eu mes deux enfants à 26 et 27 ans.

 

Quand j'ai eu 29 ans, nous vivions tous les quatre dans un petit appartement parisien de 42 m2, et le papa de mes enfants n'avait pas de boulot. Moi je bossais comme consultante dans une SSII, parce que c'est dans ce secteur que j'avais trouvé un emploi. Il pestait sans cesse contre notre vie. Le WE, quand je me posais un peu, épuisée, il partait courir des heures pour se changer les idées en me laissant les petits. Il criait haut et fort qu'il voulait partir en province mais ne faisait rien pour que la situation évolue. Avec le temps et l'aigreur, il était devenu distant et vache avec moi.

J'ai décidé de reprendre ma vie en main. Je me suis fait licenciée et j'ai préparé le concours de professeur des écoles chez moi. C'était dur parce que mon conjoint était à la maison. Du matin au soir, il jouait à l'ordinateur, cherchait du boulot, et écrivait de la musique sur son PC. Haureusement, j'avais fini par obtenir une place en crèche et je touchais les ASSEDIC. Je me suis inscrite sur l'Académie d'Amiens, parce que ça n'était pas trop loin de Paris, de ma famille, de mes amis, et que je voulais commencer une nouvelle vie dans une grande maison et avec le rythme plus calme que j'avais connu en province.

A 30 ans, je suis arrivée à Amiens et j'ai commencé ma nouvelle vie de maitresse d'école. J'ai pris mes deux enfants avec moi. Ils sont à ma charge totale, le papa n'ayant pas les moyens pour m'aider. Mes parents, heureusempent, ont toujours été là. Ils m'ont payé mon loyer pendant toute l'année de mon arrivée ici.

C'était assez difficile au départ parce que ma famille était loin et que je ne connaissais pas grand monde. Mes amis d'enfance étaient partis dans les méandres de ma mémoire, ceux de Vannes je les avais perdus de vue quand j'étais devenue pensionnaire, ceux de fac s'étaient mal entendu pour la plupart, avec mon conjoint et ceux de ma vie de couple étaient des amis d'enfance d'Eric. Il me restait quelques amis de fin d'étude (master), mes parents et mes frères et soeur,  et la belle-mère d'Eric, Patricia, qui avec le temps était devenue ma meilleure amie...

Heureusement, les picards sont acceuillants et je me suis facilement intégrée ici. Et puis, un an après mon arrivée, j'ai rencontré Stéphane. Il avait 13 ans de plus que moi et trois grands garçons mais il disait que si je l'aimais, ça n'avait pas d'importance. Il m'a demandé en mariage et au bout d'une année de vie commune, nous avons fait le grand saut... j'ai dit oui! C'était le 7/7/7, voici un peu plus d'un an.

Malheureusement, l'histoire prend fin ici car nous sommes en procédure de divorce. Ne me demande pas pourquoi les choses se sont gatées car j'ai moi même du mal à répondre à cette question et il n'a pas su me dire non plus ce qui avait cloché. J'ai eu beau l'aimer de tout mon coeur, cela n'a pas suffit. Il s'est éloigné doucement de moi, comme porté par un courant que je ne comprenais pas.

Je me retrouve aujourd'hui à la case départ. Plus ou moins. D'autres ressorts m'ont mu toutes ces années et en particulier un mystérieux ressort qui m'a fait choisir Amiens il y a 4 ans déjà. Mais se sont des ressorts bloqués et celui là, de nature sentimentale, plus que tout autre. En attendant que mes ressorts cachés se débloquent, la machine est un peu triste, un peu à l'arrêt...

Pourtant, la vie continue, avec mes deux enfants, mes parents qui se sont installés récemment à Amiens pour me soutenir, ma vie professionnelle trépidante, faite de sourirs, de cris, de papiers, de crayons de bois et de gommes, de sourires, de rires, et de paires de grands yeux suspendus à mes lèvres...

Mes nouveaux amis amiénois et mes anciens amis restés fidèles, Patricia en premier lieu; mes frères et soeurs, qui n'ont cessé d'être loin dans ma vie, mais présents dans les temps de soucis; toutes ces personnes que je chérie, proches ou lointaines, sont pour moi un soutien, parce que je sais qu'elles existent et que je ne suis donc pas vraiment seule. Bienvenue sur la liste!

Je t'embrasse bien fort, et puique je t'ai écris tout ce petit résumé de ma vie, je vais le copier dans mon vieux blog, ami fidèle des heures de solitudes malheureusement retrouvées...

 

Charlotte

4 Commentaires 26.8.08 21:15, Commenter

Coeur en manège, coeur en ménage (ancienne note remise au gout du jour)

Tu approches,
Mon amour,

Tu es entré dans ma vie comme un soleil se lève:
si chaleureusement, inévitablement.
Tu es entré en moi comme l'air sur mes lèvres:
quand je dors tendrement, quand je rêve doucement.
Tu as gagné mon coeur comme fait le torrent:
Avec gaieté et force, et tout éclaboussant.
Tu as étreint mon âme avec des mots vibrants;
Ta morale comme joyau, ton regard comme enfant.

Te voilà,
Mon amour,

je t'aime sans rimes et sans rimel, juste avec ma vie et mon coeur.

Ma vie est un manège brillant et coloré où chaque baiser est un pompon.

Le coeur saoul comme un rond, l'âme légère comme l'atmosphère, je tourne heureuse, et tout est lumineux.

Tu t'en vas,
Mon amour,

Tu as quitté ma vie comme le soleil se couche:
si mystérieusement, inévitablement.
Tu as coupé en moi le souffle sur mes lèvres:
quand je dors sanglotant, quand je rêve anxieusement.
Tu as brisé mon coeur comme fait le torrent:
Avec colère et force, toujours indifférent.
T’as avalé mon âme avec des mots glissants;
Ta morale comme flambeau, et ton regard fuyant.

Ma vie est un manège éteint et immobile où chaque mot est un silence.

Le coeur saoul comme un rond, l'âme lourde comme l'orage,
je reste là, et tout est ennuyeux.

1 Commentaire 25.8.08 22:32, Commenter

Liberté quand tu nous tiens

La liberté est reine de sabba. Elle est si belle. Fascinante. Obnubilante.


Mais c'est une putain. Invitant au foyer tous ceux qu'elle croise, elle leur offre de grands verres de liqueur douceâtre, en y versant toujours quelques gouttes d'amertume qui laissent les invités tristes de repartir ou génés de rester. C'est que d'autres étaient là, riant encore et hier et l'on entend déjà de nouveaux arrivants, chuchotter à la porte.


Pourtant si elle quitte un jour notre chevet, qui peut être certain de n'avoir des regrets? Car la perdre parrait parfois plus douloureux encore que souffrir un peu chaque jour pour pouvoir contempler son terrible visage tout peint de noir et d'or.


Ma liberté je le choie comme une amie vilaine et qui me joue des tours mais que pourtant je trouve de douce compagnie. Ce sont ses soeurs jumelles que parfois je déteste. La liberté des autres. Par deux fois déjà, elles ont brisé mon coeur. Ah vraiment quand j'y pense.... Cette famille là n'est pas toujours douce.


La seule famille sur terre que je redoute plus qu'elle est son grand ennemi: l'enchaînement maudit.


Le choix sera mon seul sauveur. Le choix d'aimer, et d'inviter à la noce ma liberté, comme demoiselle d'honneur! Car il convient de rester libre d'aimer, et non enchainé ... à sa liberté de ne pas s'engager.

5 Commentaires 17.11.05 02:09, Commenter

merci CClere

(cf atelier d'écriture de CClere)


J'ai fait un doux voyage
On était hors saison
Au creux de son village
Reposait sa maison.
Ses gestes audacieux
D'une douceur angevine
Appréciables, mes aïeux
Comme une denrée fine
M'ont transportée dans l'or
Sur le mont Palatin
et m'ont fait perdre alors
Mon grec et mon latin.
Admirant sa toison
J'ai oublié nos ages,
J'ai perdu la raison,
Et qui sait davantage.

1 Commentaire 20.10.05 22:15, Commenter

bibliothèque

Les livres s'entassaient: des milliers de mots morts au combat. Mais chacun de ces tombaux contenait l'essence même de son auteur, qui, survivant à sa dépouille, avait laissé là comme une porte.


Tournez les pages de ces reliques. Sentez en la substance.
Et éparpillez au vent de vos pensées la trace éternelle d'un chemin hier parcouru.


Tel était l'invite fait par cet amas ordonné de papier, offert aux yeux, aux mains, aux sens.

4 Commentaires 19.10.05 23:05, Commenter

songes d'automne

Dans le jour qui traine, j'hume le matin flou.


L'automne calme mes songes.


Les vaches paissent vaguement les champs de brume lourds.


Leurs larges cous s'allongent.


 


Et quand arrive l'heure de rentrer dans la classe,


Le tableau s'entrebaille;


Je sais qu'un peu d'automne est là, étrange masse


de fraicheur et de mailles.


 


Lundi, jour d'école

15 Commentaires 16.10.05 22:51, Commenter

Seuls!

Les tambours résonnent. Elle s'avance, sereine, dans sa robe blanche. Ses pieds marquent à chaque pas le rythme bondissant de son coeur.
Les souffles sont retenus, les yeux rivés.


Mais son esprit, déjà, est à demain.


Après la cérémonie, le banquet, les discours; après les danses et les rires; lorsque les percussions se seront tues et que les derniers invités seront partis, aujourd'hui aura pris fin.


Alors seulement pourra commencer sa nouvelle solitude, celle tant attendue. La solitude à deux. La solitude silencieuse et complice du couple, rompu de fatigue mais tendre de bonheur. Enfin seuls!

8 Commentaires 1.10.05 23:10, Commenter